Collège Doctoral de l'Université de Grenoble
DS2-16 : Initiation à la conception et à l'animation de débats scientifiques [Participation : Présentiel] | |
| Contact : MASOCH Nadine nadine.masoch@grenoble-inp.fr Catégorie : Formations du Label RES Langue de l'intervention : français Nombre d'heures : 21 Min participants : 10 Max participants : 40 Nbre d'inscrits : 20 Nombre de places disponibles : 20 Public prioritaire : Doctorants Contractuels avec Mission d'Enseignement Public concerné : Tout doctorant de Grenoble Proposé par : Université Grenoble Alpes | Lieu : à venir Début de la formation : 17 mai 2017 Fin de la formation : 19 mai 2017 Date fermeture des inscriptions : 4 mai 2017 Programme : Stages d’initiation à une pédagogie tirant parti de la force d’un groupe pour enseigner des concepts difficiles Le principe du « débat scientifique en cours ou en TD » Deux stages complémentaires de pédagogie : stage DS 1 « Enseigner des concepts difficiles avec des débats » et stage DS 2 « Initiation à la conception et à l’animation de débats scientifiques », ont été conçus pour permettre aux participants de toutes les disciplines une approche à la fois théorique et pratique du délicat problème pédagogique que pose la construction d’un sens approfondi des savoirs, techniques, concepts et théories d’une discipline dans un enseignement en grand groupe classe ou amphi. Objectifs du premier stage DS 1 (2 jours) : • Découvrir le potentiel d’un contrat pédagogique alternatif basé sur des débats pour enseigner des concepts difficiles • Se familiariser avec le concept d’obstacle épistémologique(1) • Identifier les fondements et certaines difficultés de ce nouveau contrat pédagogique Si vous désirez aller plus loin dans la possibilité de mettre en oeuvre cette méthode dans vos propres enseignements, vous avez la possibilité d’enchaîner avec le deuxième stage DS 2 dont les objectifs sont les suivants (3 jours supplémentaires) : • Identifier un obstacle épistémologique dans un champ disciplinaire que vous connaissez bien • Construire en petits groupes disciplinaires une situation de débat favorisant la rencontre des étudiants avec l’obstacle épistémologique identifié • Tester cette situation en grandeur nature Problématique Nous partons de l’hypothèse que si vous avez choisi d’approfondir une discipline, c’est parce que vous aimez la façon dont elle vous amène à regarder le monde, à penser les situations, à résoudre les problèmes. Nous partons également du principe que si vous avez choisi d’enseigner cette discipline, vous souhaitez que le plus grand nombre possible de vos élèves, sans forcément devenir des spécialistes, parviennent à donner eux aussi du sens à cette discipline. Le problème est que même lorsque nous nourrissons un tel désir, une telle ambition généreuse, nous sommes malheureusement souvent déçus par le réel de l’enseignement dans lequel beaucoup trop d’étudiants demeurent assez inertes et passifs en TD comme en cours, ne leur permettant pas de construire sens tant soit peu profond sur la discipline enseignée. A de très rares exceptions près, aucun ne manifeste un grand enthousiasme quand nous les mettons face à une situation ouverte où pourrait se révéler le véritable sens de nos techniques, concepts et théories. Plus grave encore, face au moindre doute, ils n’ont rien à proposer pour en sortir, car beaucoup continuent à réagir comme si l’étude de notre discipline ne leur avait donné aucun outil pour appréhender l’incertitude du monde (ils ne peuvent répondre qu’aux questions très fermées de l’école où « la » solution leur a été montrée). Pour une très grande majorité de nos interlocuteurs, il semble que l’école les ait habitués à substituer le désir « d’apprendre pour mieux comprendre le monde » par celui « d’apprendre pour pouvoir faire reconnaître que l’on sait ! ». Notre proposition au cours de ces deux stages Nous vous proposons d’entrer dans le triple processus intellectuel et pratique suivant : I) D’abord, de s’initier à repérer dans un programme donné où sont les points névralgiques de compréhension de la discipline qu’on enseigne. II) Ensuite, de s’initier à placer ses élèves en cours ou en TD face à des situations ouvertes à la fois accessibles et fondamentales qui leur permettent d’entrer résolument dans la problématique de ces savoirs cruciaux. III) Enfin, de vous aider à prendre conscience de ce qui dans le comportement du professeur va très souvent à son insu, au lieu d’aider ses élèves à s’impliquer fortement dans de vrais débats scientifiques, leur interdire de dire ce qu’ils pensent véritablement. Pour cela, il faut que vous appreniez à organiser des débats dans lesquels vos élèves ont l’initiative de faire des propositions scientifiques qui sont nécessairement au départ en partie maladroites et erronées et qu’ils vont peu à peu avec votre « aide » très spécifique apprendre à améliorer et à rectifier. Dans un tel débat, vous professeurs, devez apprendre à organiser avec autorité les prises de parole mais sans désigner et rectifier vous-même les erreurs (c’est le plus difficile) pour que vos étudiants prennent peu à peu la responsabilité d’analyser par eux-mêmes ce qui est pertinent ou non, valide ou pas. En tant que professeur, vous devez donc apprendre à lancer/relancer le débat sans intervenir sur le fond tant que vos élèves n’ont pas pris leurs responsabilités intellectuelles ; ensuite, et ensuite seulement, vous devez savoir mettre avec tact de l’ordre dans le désordre du débat, corriger les idées fausses et compléter ce qui manque. Lorsque ce partage des rôles est bien équilibré, vous pourrez constater qu’une majorité de vos élèves (et pas seulement ceux qui étaient initialement « bons » et aimaient bien votre discipline), parviennent à aborder ce qui est difficile à comprendre sans perdre pied au niveau du sens dès que les savoirs deviennent trop théoriques et abstraits. Cette formation professionnelle doit vous permettre, si vous le souhaitez, de vous engager dès demain dans une démarche pédagogique évolutive. Évolutive en ce sens que ce que vous découvrirez et comprendrez une année en organisant et en réalisant de tels débats scientifiques en classe vous enrichira énormément (même en tant que chercheur) et vous rendra l’année suivante plus pertinent pour concevoir des évolutions ou de nouvelles situations. Cela vous donnera la possibilité d’élargir peu à peu le cercle très étroit des élèves qui assez spontanément acceptent d’entrer en science dans un cours ou un TD et ainsi construisent du sens dès le début de l’enseignement sur un savoir conceptuel et abstrait. Méthode utilisée dans les deux stages : Dans ces deux stages, on alternera entre théorie et pratique, c’est-à-dire qu’après avoir donné les objectifs et les principes d’un type de débat, nous le pratiquerons en vraie grandeur dans notre grand groupe de formation afin de pouvoir ressentir de l’intérieur les réactions qu’il suscite en nous, les contraintes qu’il impose aux élèves comme aux professeurs et ainsi en analyser in vivo les atouts et les difficultés. Cela suppose donc que si vous vous inscrivez à ces stages, vous acceptiez d’entrer dans le jeu des « débats scientifiques » qui vous seront proposés pour que ce qui vous aura été d’abord présenté de façon théorique et externe, vous puissiez ensuite en faire l’analyse critique de façon intériorisée. Animateurs Julien Douady, Marc Legrand, Yvan Pigeonnat, Christophe Durand Marc, enseignant-chercheur à l’UJF de 1967 à 2004, a effectué ses recherches d’abord en mathématiques puis en didactique ; depuis plus de quarante ans il cherche avec différentes équipes d’enseignants du secondaire et du supérieur à mettre au point le principe du « débat scientifique en cours » en l’expérimentant dans des classes et des amphi de tous les niveaux (de la sixième à la préparation à l’agrégation en mathématiques, et dans les formations de professeurs du secondaire et du supérieur comme celles que nous vous proposons ici). Julien, enseignant-chercheur à l’UGA depuis 2006, a été doctorant entre 2001 et 2004, a suivi au CIES de Grenoble les formations en didactique qui vous sont proposées et s’est senti suffisamment interpellé pour organiser assez rapidement des « débats scientifiques » dans ses propres enseignements. Il est à l’origine, avec 2 autres collègue de la création du SUP (Service Universitaire de Pédagogie), service ayant pour objectif de sensibiliser et former les enseignants du supérieur aux techniques pédagogiques innovantes, et de les accompagner dans leur mise en oeuvre. Il est depuis à mi-temps conseiller pédagogique au sein de ce service, qu’il a dirigé jusqu’à la récente fusion des université. Il dirige désormais le service fusionné SAPIENS (Service d’Accompagnement des Pédagogies, des Initiatives Enseignantes et du Numérique dans le Supérieur) à l’UGA. Yvan, en poste à Grenoble INP depuis 1999 en tant que PRAG de mathématiques, est à l’origine de la création en 2006 de la structure d’appui pédagogique « PerForm ». Participant en tant que formateur au stage d’Autrans, il a rapidement saisi le potentiel et l’originalité du « débat scientifique en classe » quand il a réalisé que contrairement à certaines idées qui voudraient faire croire qu’on ne peut obtenir des apprentissages efficaces qu’avec des petits groupes d’étudiants, ce mode pédagogique permettait de tirer parti de la richesse d’un grand groupe pour obtenir des apprentissages en profondeur. A mi-temps conseiller pédagogique pour ses collègues enseignants et à mi-temps enseignant de mathématiques, il a entrepris de passer l’intégralité de son cours de probabilités en mode « débat scientifique ». Christophe, enseignant-chercheur à l’UGA depuis 2006, s’est initié aux débats scientifiques pendant son doctorat en 2002 en suivant avec grand intérêt les formations en didactiques équivalentes à celles proposées ici. A partir de cette date, il a mis en place des débats scientifiques dans ses enseignements de physique. Il a participé à la fondation en 2008 d’une cellule d’appui pédagogique à l’UGA pour aider et accompagner les enseignants à mettre en place des nouvelles approches pédagogiques, telle que les débats scientifiques. (1) Un « obstacle épistémologique » est un savoir essentiel qui va tellement contre ce qu’on sait déjà ou imagine a priori que, même lorsqu’il est très bien présenté, le plus souvent on n’en comprend pas le sens véritable, on croit comprendre, mais en fait, on passe à côté de l’essentiel, et c’est là que les débats scientifiques entre élèves peuvent leur ouvrir des horizons de compréhension que les seules bonnes explications du professeur n’arrivent pas à leur faire entrevoir. Equipe pédagogique : Julien DOUADY, C. DURAND, Marc LEGRAND, Yvan PIGEONNAT Calendrier : Séance n° 1 Date : 17-05-2017 Horaire : 9h15 à 17h30 Intervenant : Douady Julien, Marc Legrand, Yvan Pigeonnat Lieu : Bâtiment PLURIEL - salles 025, 136, 017 - 701 rue de la piscine DU Séance n° 2 Date : 18-05-2017 Horaire : 9h15 à 17h30 Intervenant : Douady Julien, Marc Legrand, Yvan Pigeonnat Lieu : Bâtiment PLURIEL - salles 130, 131, 134, 135 - 701 rue de la piscine DU Séance n° 3 Date : 19-05-2017 Horaire : 9h15 à 17h30 Intervenant : Douady Julien, Marc Legrand, Yvan Pigeonnat Lieu : RDV Bâtiment PLURIEL, salle 025 701 rue de la piscine DU |